Ma découverte de l’emploi du Me 110 C
dans la Regia Aeronautica remonte à la publication du fascicule
n° 3 de la série ‘’Dimensione Cielo – Caccia
e Assalto’’ dans le printemps de 1972. L’avion en
charge à la Regia est identifié comme appartenant à
la série C ; dans l’article on dit que la Regia en avait
acquis 3, dont les deux premiers emmenés au 1° N.A.I. de
Treviso les jours 11 et 15 juillet 1942 par les pilotes cap. Giancarlo
Ghedini et le ten. Cesare Balli.
Cela dit, le fascicule était très intéressant,
surtout pour l’examen attentif des avions de chasse étrangers
avec les insignes italiennes, en particulier il y avait les premières
photos des 109 et des D 520 de la Regia que je n’avais jamais
vues.
Revenant au 110, les deux photos (en b/n) prise à Lonate Pozzolo
(il y a une note manuscrite sur la photo) au début de 1943 étaient
intéressantes, elles présentent le ten. Vincenzo Terlizzi
devant l’avion du ten. Balli. L’avion semble totalement
peint en noir, avec la bande blanche et les codes 235-6. Le numéro
individuel n’est pas très évident parce que tous
les codes semblent de couleur gris clair ; une partie du ‘’6’’
se trouve sur la bande de fuselage et ont pourrait le confondre avec
un ‘’8’’. Ce fait a été souligné
dans un article paru sur ‘’Aerofan’’ numéros
56 et 58 de 1996 où le code 235-8 est assigné à
un Dornier 217 J-1.
La couleur des codes ne sera expliquée que plus tard et on l’identifiera
comme bleu ciel.
La troisième photo, toujours prise à Lonate Pozzolo, représente
un 110 vu de devant, mais elle est très sombre et, à mon
avis, la seule information intéressante que l’on puisse
en déduire est la coloration en blanc de 1/3 des ogives.
Sur ‘’Aerei’’ n° 7 de 1975, dans la partie
qui concerne le courrier des lecteurs, l’écrivain Nino
Arena précise que les matricules militaires des trois 110 sont
964 (qui selon ce qu’il écrit devrait être un avion
doué de radar Lichtenstein et d’outils pour le tir nocturne),
1358 et 1804, même si les noms des pilotes qui les ont emmenés
en Italie ne correspondent pas trop à ce qui est reporté
dans l’autre article susmentionné.
En 1977, sur le magazine ‘’Aerei’’ une série
d’articles dédiés à la chasse nocturne de
la Regia Aeronautica (1940 – 1943) a paru, ils sont écrits
par Umberto Postiglioni et par Riccardo Rovere. La IIIe partie de cette
série (novembre) est celle plus intéressante pour les
détails sur le 110 qu’elle reporte. En effet il y apparaît
la célèbre image à couleurs avec le 110 C3 de la
235^ escadrille en livrée RLM 70-71 pour les superficies supérieures
et en noir 22 pour celles inférieures. Ce camouflage est cité
dans le récent livre de Michael Ullman « Luftwaffe colours
1935 – 1945 » (pag. 113) comme standard pour les chasseurs
nocturnes du début de la guerre. L’image est intéressante
parce qu’elle met en évidence le numéro d’escadrille
en bleu ciel : on y voit les chiffres 2 et 39 et on voit clairement
l’oblitérature qui a effacé les insignes allemandes
sur le fuselage pour faire de la place aux codes italiens (oblitération
en « vert mimétique » ou en RLM 02). En outre on
voit la croix allemande sur la superficie supérieure gauche de
l’aile. Sur le magazine apparaît aussi un profil à
couleur de cette image avec le code 235-7, il faudra attendre les photos
à couleurs publiés par « Storia Militare »
pour voir la même image plus complète, avec les codes complètement
lisibles 235 – 5.
Plus récemment apparu, il faut signaler l’article de D’Amico
et Valentini, intitulé « Les chasseurs nocturnes »
dédié à la chasse nocturne de la Regia Aeronautica,
publié sur le magazine JP4 de janvier 1995 et le susdit article
publié en deux parties sur Aérofan en 1996 écrit
par G. Garello et G. Grande.
Sur JP4 il y a une très belle photo de l’exemplaire avec
la MM 964, sur lequel on remarque des détails intéressants.
L’avion apparaît totalement coloré avec une couleur
sombre, il présente les croix blanches sur la queue et la bande
de fuselage est blanche aussi, mai il conserve les croix allemandes
sur les superficies supérieures des ailes ; la photo est prise
de ¾ du côté postérieur elle permet donc
de voir que les croix blanches sont présentes seulement sur les
superficies externes des dérives et il n’y a pas de radar.
On peut trouver ce même avion, dans une prise latérale,
sur Aerofan, la photo confirme quasi totalement ce que je viens de dire,
dommage pour l’impossibilité de voir les superficies supérieures
des ailes. Mais elle permet de voir l’oblitération sur
le fuselage des codes allemands, qui ont été fait avec
une couleur légèrement plus claire par rapport à
la couleur du fuselage (gris sombre ? Vert Olive sombre ?).
Il faut préciser que d’un point de vue
historique les allemands refusèrent une ultérieure fourniture
de 110 et avec l’excuse que cet avion était hors production
nous refilèrent les Do 217 J1 et J2. D’après l’historien
D’Amico, les 110 reçus étaient désormais
plutôt abîmés et en général, tous concordent
sur le fait qu’ils furent utilisés seulement pour des vols
d’apprentissage auprès de la 235^ escadrille.
Je voudrais conclure en reportant une petite curiosité: les kits
de cet avions que j’ai eu l’occasion de voir, présentent
pour l’intérieur du poste de pilotage un plancher continu
sur lequel le siège du pilote et celui du préposé
aux armes postérieures sont positionnés. En réalité,
le préposé aux armes gérait aussi les armes antérieures
situés dans la partie inférieure du museau ; pour faire
cela, sur le plancher qui se trouvait derrière le panneau avec
les appareils radios, il y avait un trou qui permettait l’accès
aux susdites armes antérieures, toujours contrôlé
par le préposé aux armes,.
J’annexe une photo (je remercie R. Vestuto, même si l’épisode
remonte à il y a plusieurs années) où ont peut
voir les appareils radio et les barillets pour les munitions des armes
de 20 mm qui tirent en avant de la partie inférieure du museau.
Ce morceau est présent dans le kit de détail de True Detail
TD48471 dédié à la maquette de 10 C/D 1/48 Fujimi.
